L’Exécuteur Guerre à la Mafia Don Pendleton Plon avis

On trouve de tout dans les boîtes à livres. Des vieilleries surtout qui ne demandent qu’à reposer en paix. Mais parfois, aussi, des pépites. Cette rubrique vous propose de jeter un coup d’œil sur ces bouquins abandonnés et glanés au hasard de déambulations livresques.

Par Yves-Daniel Crouzet (retrouvez-le sur Facebook !)

La justice du bidasse

[Boîte à livres de Saint-Valery-en-Caux (76)]

Retour à la grande littérature !
L’Exécuteur est une série de romans publiée en France à partir de 1974 par les éditions Plon, éditeur également des SAS de Gérard de Villiers. Il n’est donc pas étonnant que le nom de ce dernier, très gros vendeur à cette époque, apparaisse en gros sur les couvertures, laissant à penser que c’était lui qui en était l’auteur. Une astuce marketing que Gérard de Villiers et Plon ont utilisé pour beaucoup d’autres titres, tels que Brigades mondaines, L’Implacable, Blade l’aventurier des étoiles, Le Mercenaire, Le Survivant et j’en passe. Le véritable auteur de L’Exécuteur (The Executioner en VO) était Don Pendleton, qui a écrit trente-huit des près de six cents aventures de ce personnage en guerre contre la Mafia. Car l’Exécuteur est un justicier. Des mafieux étant responsables de la mort de son père, sa mère, son frère (enfin presque), sa sœur (air connu), il décide de se venger de la plus radicale des manières : en les tuant tous !

L’Exécuteur Guerre à la Mafia Don Pendleton avis
L’Exécuteur, Guerre à la Mafia, extrait p. 37.

Et c’est parti pour une longue croisade où Mack Bolan (c’est le nom dans le civil de L’Exécuteur) va rétamer des centaines, que dis-je des milliers, de mafiosi. C’est que Bolan est un ancien militaire, un tireur d’élite, un dur. Il a fait le Vietnam. C’est là-bas qu’il a acquis son surnom. Dans ce premier opus, il est même toujours engagé dans l’US Army.
Ayant lu Guerre à la mafia au début des années 80, j’étais curieux de voir ce que ça donnait aujourd’hui. Après le trop copieux Le passage et ses 1265 pages, j’avais besoin de prendre une bonne bouffée de cordite et d’action sur 218 pages.

L’Exécuteur Guerre à la Mafia Don Pendleton critique
L’Exécuteur, Guerre à la Mafia, extrait p. 160.

Les qualités littéraires de ce chef-d’œuvre ? Aucune ! Le style est plat et sans originalité. C’est bourré de répétitions (la faute du traducteur ?). C’est peu crédible. C’est émaillé de scènes de sexe. C’est misogyne et sexiste. C’est violent. Mais… c’est efficace et nerveux. Tout à fait comme les premiers films de Clint Eastwood (je pense à Un shérif à New-York, à La sanction et, bien sûr, à la série des Dirty Harry) et les Bronson du Justicier, dont L’Exécuteur est contemporain. Je suspecte aussi fortement que Mack Bolan est la matrice du personnage du Punisher, antihéros Marvel créé en 1974 par le scénariste Gerry Conway et les dessinateurs Ross Andru et John Romita Sr.

L’Exécuteur Guerre à la Mafia Don Pendleton chronique
L’Exécuteur, Guerre à la Mafia, extrait p. 218.

Mais l’histoire me direz-vous ? Comment, je croyais pourtant vous l’avoir narrée ? Un soldat du Vietnam dézingue les mafieux responsables de la mort des membres de sa famille. Au passage, il saute deux ou trois filles sublimes et tombe amoureux de l’une d’elles. Je ne trahirai pas la fin en vous disant qu’il s’en sort indemne. Normal puisqu’il a encore cinq-cent-quatre-vingt-dix-neuf autres missions à accomplir ! Voilà, vous savez tout. Vous pouvez – ou pas – vous lancer dans les aventures de L’Exécuteur en pleine connaissance de cause. Vous savez ce que vous aurez entre les mains : un roman de gare. Plus exactement un roman de trouffions comme on en trouvait des dizaines dans les chambrées de France au joyeux temps du service militaire !

L’Exécuteur Guerre à la Mafia Don Pendleton Plon avis
L’Exécuteur, Guerre à la Mafia, Don Pendleton (1969), éditions Plon (1974).

Pour lire la chronique précédente : Chico, banco, bobo – Stuart Kaminsky.