
On trouve de tout dans les boîtes à livres. Des vieilleries surtout qui ne demandent qu’à reposer en paix. Mais parfois, aussi, des pépites. Cette rubrique vous propose de jeter un coup d’œil sur ces bouquins abandonnés et glanés au hasard de déambulations livresques.
Par Yves-Daniel Crouzet (retrouvez-le sur Facebook ! et toutes ses chroniques)
Cette année-là
[Boîte à livres de Malakoff]
Une boîte à livres de Malakoff m’a proposé un recueil de nouvelles de Michel Demuth : Les années métalliques. Occasion de me plonger dans l’univers d’un auteur que je ne connaissais pas, célébré pour ses Galaxiales, par ailleurs traducteur, directeur de collection, et rédacteur en chef de la revue Galaxie. Les années métalliques regroupe seize nouvelles publiées pour l’essentiel dans les années 60, parfois sous pseudo, dans des revues comme Fiction, Satellite, les Nouvelles littéraires. Elles se démarquent fortement, tant par le fond que par la forme, de la production de la période précédente, dite âge d’or de la SF. Je ne sais pas si, pour autant, on peut les classer dans ce qu’on a appelé la New Wave, un courant littéraire initié par nos amis anglais dans la revue New World, dont des auteurs comme Michael Moorcock, Brian W Aldiss ou Jim G. Ballard furent les promoteurs.

Autant vous l’avouer tout de suite, je ne suis pas venu à bout de ces Années métalliques. Pourtant, j’ai essayé. Je m’interrompais, lisais autre chose, puis j’y revenais, espérant tomber sur un récit qui me plairait. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Dans toute lecture, il se crée un lien intangible entre l’auteur et le lecteur. Le style, l’intrigue, les idées véhiculées, l’univers imaginé par l’auteur en sont les clés essentielles. C’est ce qui fait qu’on aime ou pas (avec toute la palette intermédiaire) un ouvrage. Dans le cas présent, je me suis senti complètement étranger à ce que je lisais. La connexion n’a pas eu lieu.

J’ai déclaré forfait après avoir lu onze des seize nouvelles. Le seul texte que j’ai trouvé « accessible » (ce qui ne veut pas dire pour autant que je l’ai apprécié) est Les années métalliques, publié en 1959, qui donne son titre au recueil. Ce récit, dans lequel un humain cherche à détruire une civilisation de robots qui règne sur la Terre après le départ de ses habitants, est en complet décalage avec les autres, semblant tout droit sortir d’un très ancien numéro d’Amazing Stories, le célèbre pulp américain de SF. Une œuvre de jeunesse ?

Les années métalliques est un rendez-vous manqué comme il s’en produit parfois. Les fameuses Galaxiales risquent donc d’attendre encore un peu.

Pour lire la chronique précédente : La moustache – Emmanuel Carrère.
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